Mondial-2026: Messi renverse tout et momifie l'Egypte, Argentine-Suisse en quart
Que serait l'Argentine sans Lionel Messi ? Probablement éliminée précocement du Mondial, si le génie, encore buteur et passeur, n'était pas sorti de sa boite pour ramener l'Albiceleste des enfers contre l'Egypte (3-2), qui avait presque réussi le coup parfait mardi à Atlanta.
Les champions en titre, qui ont encore trouvé les ressources pour s'en sortir, après leur frayeur en 16e de finale face au très modeste Cap-Vert qui les avait poussés jusqu'à la prolongation, affronteront la Suisse, venue à bout de la Colombie aux tirs au but (4-3, 0-0 a.p.).
. Messi, encore Messi, toujours Messi
Les larmes de la "pulga" (la puce) en disaient très, très long sur la pelouse, des émotions qui l'ont parcouru au coup de sifflet final. Elles étaient d'une joie mêlée d'un immense soulagement après avoir vu de près la sortie dans cette Coupe du monde, lors d'un match où rien n'a fonctionné jusqu'aux vingt dernières minutes extraordinaires qu'il a su livrer, histoire de dorer encore plus sa légende.
D'abord l'Egypte a ouvert le score par Yasser Ibrahim (15e), ensuite Messi a raté son deuxième penalty de la compétition (21e), le poteau a renvoyé son coup franc enroulé (31e) et le gardien Mostafa Shobeir a frustré Julian Alvarez d'un superbe arrêt réflexe (39e).
Alors, quand à la 67e minute, Zico a doublé le score au bout d'une contre-attaque lancée par Haissem Hassan, dont le débordement rappelait Jean Tigana face au Portugal en demi-finale de l'Euro-1984, l'Argentine n'avait plus qu'un pied au bord du précipice.
Mais ce pied était gauche et appartenait à l'un des plus grands joueurs de l'histoire qui n'avait pas du tout envie que tout s'arrête comme ça.
Alors, il a délivré un centre parfait pour Cristian Romero, qui a réduit le score (78e). Puis, toujours placé là où il faut dans la surface, il a allumé une demi-volée qui a fait plier les gants du gardien (83e). Son 8e but du tournoi, pour repasser devant Kylian Mbappé et Erling Haaland (7), son 21e en Coupe du monde. Stratosphérique.
Contrairement à Mohamed Salah, qui a perdu le ballon au départ de l'action, Messi n'a été pour rien dans le but libérateur d'Enzo Fernandez dans le temps additionnel, mais son bonheur après un tel retournement de situation était évidemment immense.
"Il y a beaucoup de joie (...) c’est très émouvant d’avoir réussi à renverser la situation encore une fois", a commenté Messi sur le site de la Fifa.
Contrairement à Cristiano Ronaldo, sorti tête basse et esseulé la veille face à l'Espagne, le capitaine argentin poursuit sa sixième Coupe du monde avec des coéquipiers qui donnent tout pour lui.
Et pour l'heure ça suffit.
. La Suisse, au bout de l'ennui
A Vancouver, le spectacle fut bien moins excitant, entre deux équipes qui se sont longtemps neutralisées, avant que les tirs au but ne les départagent. Et à ce jeu-là, un Vargas en a chassé un autre puisque le Suisse Ruben n'a pas tremblé face à Camilo le Colombien, pour envoyer la Nati en quart. Une première depuis 1954.
Cet épilogue a apporté un peu de piment à un 8e de finale d'une fadeur parfois affligeante, tant il y eut peu d'occasions créées de chaque côté. Il a même fallu attendre la prolongation pour voir les plus franches, quand le Colombien Jhon Lucumi a vu sa tête repoussée par la transversale (99e) et son coéquipier Jaminton Campaz a raté un face à face avec le gardien adverse (115e).
Au vu de son début de tournoi séduisant, on était en droit d'attendre mieux de la Colombie, à l'image de Luis Diaz, décevant.
La Suisse, elle, avance sans faire de bruit, solide sur ses bases. Mais le plus dur est à venir face à l’Argentine miraculée.
. J-2 pour les Bleus
Les Bleus montent petit à petit en pression avant de retrouver le Maroc en quart de finale, jeudi à Foxborough (Massachusetts). Les joueurs de Didier Deschamps savent bien que l'adversité sera cette fois d'un tout autre niveau. Quatre ans après sa défaite en demi-finale au Qatar face à la France (2-0), le Maroc a en effet changé de dimension.
"C'est une très belle équipe, 6e au classement mondial. Ils ont progressé depuis 2022, aiment avoir le ballon et les un contre un. Il va falloir être attentif, défensivement et offensivement", a averti mardi Dayot Upamecano, le roc de la défense tricolore.
Sous une pluie intense, les Bleus ont effectué une séance à huis clos mardi. Didier Deschamps devrait théoriquement reconduire contre les Marocains le onze de départ ayant dominé le Paraguay en 8e de finale, sans Aurélien Tchouaméni, touché à une cuisse.
K. Berger--BTZ