JO-2026: retour réussi à des Jeux d'hiver plus sobres
Neige à gogo, organisation sans anicroches: pour leur retour dans les Alpes après 20 ans, les JO-2026 de Milan Cortina qui se referment dimanche ont été une réussite, ont jugé à l'unisson le CIO et les sportifs.
C'est une figure imposée de chaque fin de Jeux et sans surprise, comme son prédécesseur Thomas Bach, la présidente du Comité international olympique (CIO) Kirsty Coventry n'a pas ménagé ses louanges vendredi en direction du comité d'organisation Milano Cortina 2026 et des autorités italiennes.
"Ces Jeux sont, et ont vraiment été, une réussite dans la nouvelle manière de faire les choses, de façon durable", a souligné la nouvelle patronne du sport mondial.
"Cela a dépassé toutes les attentes", a ajouté l'ancienne nageuse à propos de ses premiers JO à la tête de l'instance olympique, qui doivent inaugurer une nouvelle ère pour les Jeux d'hiver.
Pour tourner la page des Jeux à l'impact financier comme environnemental colossal, comme ceux de Sotchi en 2014, de Pyeongchang en 2018 ou de Pékin en 2022 qui devaient pratiquement tout construire, les organisateurs italiens se sont appuyés sur des sites de compétition existants (11 sur 13) et habitués à accueillir Coupes du monde et Mondiaux.
- "Tonalité extrêmement positive" -
Conséquence, ces troisièmes JO d'hiver italiens de l'histoire, d'un budget dépassant les 5,2 milliards d'euros (3,5 milliards pour les infrastructures, 1,7 milliard pour les Jeux eux-mêmes) se sont étalés sur sept zones et 22.000 km2, un éparpillement qui a pu faire peur en amont de l'événement, notamment en matière de transport des sportifs, comme des spectateurs.
Or, a insisté samedi Christophe Dubi, le directeur exécutif des JO au sein du CIO, "ce qui ressort aujourd'hui, c'est que malgré ici ou là une controverse sur un sujet ou l'autre, globalement, la tonalité est extrêmement positive".
Membre de l'équipe française de bobsleigh à quatre, Nils Blairon résume le sentiment de beaucoup de sportifs en lice: "Tout est très bien. On est super bien accueillis. Tout est fait pour nous. On est un peu le centre du monde. C'est toujours très agréable comme sensation".
Les dossiers épineux, qui ont mis les nerfs des organisateurs en pelote jusqu'au coup d'envoi, ont vite été oubliés.
L'Arena Santagiulia, dont la construction avait pris du retard et présentée comme indigne des stars de la NHL ? Aucun problème à signaler pour les tournois de hockey sur glace à Milan.
Les contretemps techniques avec le système d'enneigement artificiel à Livigno qui inquiétaient la Fédération internationale de ski ? Les épreuves de ski acrobatique et de snowboard se sont déroulées sans anicroche, sauf lorsque la météo et de fortes chutes de neige s'en sont mêlées.
- Place des médailles -
La télécabine Apollonio Socrepes pour l'acheminement des spectateurs vers les épreuves de ski alpin féminin à Cortina ? Elle n'a pas pu être livrée à temps, mais les tribunes au pied de l'Olimpia delle Tofane n'ont jamais désempli.
"Sur la livraison (des JO), c'est plutôt une satisfaction générale", a souligné M. Dubi, avant de reconnaître qu'il y avait aussi des choses à améliorer dans ce modèle de Jeux éparpillés qui sera repris en 2030 dans les Alpes françaises.
"On doit décentraliser plus tôt le mécanisme de livraison des Jeux, celui qui planifie vraiment l'opération, le transport, la sécurité, la gestion des sites avec les acteurs locaux", a-t-il noté.
L'éparpillement a pu aussi impacter l'ambiance de ces Jeux. Après les JO-2022 de Pékin disputés sous Covid et sans public, les sportifs ont retrouvé avec plaisir une ambiance festive, sauf à Bormio, petite station lombarde qui a accueilli les épreuves masculine de ski alpin.
"Il n'y a pratiquement aucun esprit olympique ici", avait regretté la star suisse Marco Odermatt.
"A Bormio, ils se sont sentis très seuls, a reconnu M. Dubi. Il y avait peut-être quelque chose de mieux à faire, notamment, je le connecterais à un deuxième point, le fait qu'on a remis toutes les médailles sur les sites (juste après les courses). Il faudrait peut-être repartir sur ce concept de de place des médailles".
Les organisateurs des JO-2030 ont encore quatre ans pour plancher sur cette idée et sur tout le reste, en espérant qu'ils recevront comme les organisateurs italiens un coup de pouce de la météo, généreuse en neige et assez clémente pour ne pas perturber le programme.
O. Joergensen--BTZ