"Arrêtez-le": aux États-Unis, la contestation anti-Trump s'emploie à mobiliser dans les urnes
"Votre vote est votre voix": à un peu plus de deux semaines des élections de mi-mandat, de nombreux rassemblements organisés par le principal mouvement de contestation anti-Trump se sont tenus samedi à travers les États-Unis pour encourager les Américains à se mobiliser dans les urnes.
Triptyque "vote, pouvoir, peuple" peint en lettres jaunes sur son parapluie bleu, Sabine Carlson résume à l'AFP le message du jour: "C'est très bien d'exprimer sa colère, nous avons une longue liste de griefs, mais la chose la plus importante de toutes, c'est d'aller voter".
"C'est une des élections les plus importantes qui arrive et c'est vraiment important d'y sensibiliser les gens", poursuit l'enseignante à la retraite, électrice démocrate, près du Capitole à Washington.
À l'approche des élections législatives cruciales du 3 novembre, mal engagées pour le camp républicain de Donald Trump, l'enjeu pour la coalition d'associations réunies autour du cri de ralliement "No Kings" ("Pas de rois"), qui a fait descendre des millions de personnes dans la rue à trois reprises depuis juin 2025, est de "transformer le pouvoir du peuple en pouvoir électoral", explique le collectif.
Cette fois, pas de cortèges massifs mais une multitude d'événements aux formats variés — marches vers des bureaux de vote, concerts de klaxons, rassemblements de quartier... — pour une "journée de mobilisation électorale non partisane". Au total, plus de 3.000 ont été annoncés, de New York à Los Angeles, en passant par Philadelphie, Chicago ou encore Minneapolis.
- "Réponse forte" -
"Votez comme si votre démocratie en dépendait", est-il inscrit sur un parapluie violet dans les rues de Washington. Il appartient à un père de famille quinquagénaire et ancien militaire qui préfère rester anonyme, par précaution.
Sa femme a recouvert le sien de trois phrases : "Votez pour l'humanité. Mettez un terme à ce cirque maintenant. Nous voulons retrouver notre pays."
Déjà des trois premières manifestations organisées par le mouvement "No Kings", il voit ces élections comme celles de la dernière chance pour sa famille. Faute de victoire de l'opposition démocrate, ils sont décidés à quitter les États-Unis, pour le "bien" de leur fille de huit ans.
"Je suis tellement désabusé par le fossé entre le pays que je pensais servir et ce qu'il est devenu," lâche à l'AFP l'homme de 52 ans. "C'est surtout pour ça que je suis là : essayer de relâcher un peu cette tension, de trouver des gens qui partagent mes idées, et, j'espère, voir une réponse forte du peuple américain le 3 novembre" dans les urnes.
"Sinon, terminé, on s'en va. Je ne peux pas vivre ici et y faire grandir ma fille", tranche-t-il, se décrivant "en deuil de (son) pays depuis 18 mois".
- Vote anticipé -
Plus au nord dans le Maine (nord-est), où on a déjà enfilé gants et bonnets, une pancarte lance: "Arrêtez-le", autour du profil de Donald Trump peint en noir sur fond vert.
"Votez pour le changement", "Votez ! La démocratie en dépend", "Pro-Amérique. Anti-Trump", clament d'autres slogans.
Sur le bord d'une route de Caroline du Nord (est), une femme postée sur un trottoir invite à "klaxonner pour la démocratie".
La mobilisation de samedi appelle en particulier à prendre part au vote anticipé, possible aux États-Unis avec des modalités, dates et conditions variables selon les États. Pour la coalition anti-Trump, profiter de cette fenêtre élargie permet de fluidifier le processus électoral.
C'est la quatrième journée de mobilisation organisée en moins d'un an et demi par le mouvement de contestation qui s'est affirmé comme le plus important depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.
Ses trois premiers appels à manifester avaient réuni des foules croissantes — jusqu'à l'étranger — les plaçant parmi les plus massives de l'histoire du pays. La dernière en date, en mars, avait rassemblé plus de huit millions de personnes, selon les organisateurs.
L. Brown--BTZ