L'Iran menace de nouvelles frappes, dans l'attente d'une réponse américaine à son plan pour Ormuz
L'Iran a menacé mardi de frapper des infrastructures du Moyen-Orient si sa sécurité était compromise, alors qu'il attend une réponse officielle de Washington à sa dernière proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz.
Donald Trump a déjà rejeté la proposition de Téhéran, mais le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dit attendre une réponse officielle des Etats-Unis, via les médiateurs qataris, qui pourrait venir dans la journée.
Après plus de sept mois de conflit et d'impasse diplomatique, les discussions indirectes ont repris la semaine dernière entre Américains et Iraniens en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, mais leur issue reste très incertaine.
Les Etats-Unis ont entretemps intensifié l'offensive économique contre Téhéran, envers laquelle le négociateur en chef iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, a mis en garde mardi Washington et ses alliés.
Ils "doivent savoir que (...) dans une région où nous ne pouvons pas vendre de pétrole, personne d'autre n'en vendra non plus. Si notre sécurité n'est pas garantie, aucune infrastructure ne sera à l'abri", a déclaré M. Ghalibaf, également président du Parlement iranien.
En riposte à l'offensive israélo-américaine qui a déclenché la guerre le 28 février, l'Iran a mené des frappes sur les alliés des Etats-Unis dans la région, visant bases américaines et sites énergétiques, et verrouillé le détroit stratégique d'Ormuz.
Sur le terrain, une accalmie prévaut toutefois ces dernières semaines, sans non plus de bombardements américains, même si des navires sont régulièrement frappés dans ce passage.
- "Combler le fossé" -
Les autorités iraniennes "doivent prendre une décision pour éloigner nos pays de cette guerre et adopter une position très claire de non-agression envers leurs voisins", a pointé mardi le porte-parole de la diplomatie qatarie, Majed Al Ansari.
Sur le plan diplomatique, les efforts de médiation "actuels se concentrent sur la construction d’une base commune entre les parties", a-t-il ajouté. "Notre rôle est de surmonter les difficultés et tenter de combler le fossé entre les parties, et c’est précisément ce qui est en train de se produire actuellement".
La veille, M. Araghchi avait indiqué que les Qataris "espéraient" mardi une "réponse finale" des Etats-Unis à la nouvelle proposition iranienne d'une réouverture sous sept jours du détroit d'Ormuz.
Il a précisé que les discussions portaient "uniquement" sur ce passage maritime, au coeur du conflit, par où transitait avant la guerre un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
En réponse au verrouillage du détroit par Téhéran, Washington impose un blocus naval aux ports iraniens, pénalisant les exportations de brut par Téhéran.
Pour rouvrir cette voie maritime, l'Iran exige, outre la cessation des hostilités sur tous les fronts - y compris au Liban, où Israël affronte son allié, le Hezbollah - le dégel de ses avoirs détenus à l'étranger, la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi que la fin du blocus américain.
- "Bel et bien fermé" -
Les Iraniens "veulent conclure un accord, mais ce n'est pas l'accord que je veux conclure", a affirmé dimanche le président américain au média Axios, après avoir laconiquement affirmé la veille qu'il rejetait l'offre iranienne.
Alors que la guerre a fait flamber les prix du pétrole, gagnant en impopularité aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, Washington se prévaut d'avoir largement regagné le contrôle des flux d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz.
Ce passage "est bel et bien fermé, l'affirmation des Etats-Unis selon laquelle il reste ouvert est fausse", ont réitéré mardi les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.
"Faire passer clandestinement quelques centaines de barils de pétrole à la faveur de l'obscurité, transpondeurs éteints et à un coût très élevé, ne signifie pas que le détroit est ouvert", ont-ils ajouté.
"Les Etats-Unis ne pourront jamais bloquer nos échanges avec nos voisins. Ils peuvent imposer des restrictions, mais ils ne pourront jamais rompre totalement ces liens", a aussi soutenu leur porte-parole, Hossein Mohebi.
A. Madsen--BTZ