G7 Finances: la France promet un communiqué commun
Le ministre français de l'Economie, Roland Lescure, a assuré mardi qu'un communiqué commun serait publié à l'issue du sommet des ministres des Finances du G7, réunis depuis lundi à Paris pour deux jours afin de tenter de faire front commun face aux répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient.
Malgré la volonté d'unité proclamée par la présidence française de ce groupe de sept pays aux économies avancées, Washington et l'Union européenne ont affiché un désaccord sur la prolongation par les Etats-Unis de l'exemption de ses sanctions visant le pétrole russe, décidée pour tenter de modérer la flambée des cours du brut.
"On aura un communiqué", "on est en train de le finaliser", a déclaré Roland Lescure devant la presse, le matin du deuxième jour de la réunion.
"On a eu des discussions extrêmement franches entre personnes qui ne sont pas forcément d'accord sur tout mais qui sont capables de parler du tout", a-t-il ajouté, alors que le multilatéralisme est actuellement mis à mal.
"Dans ce communiqué, il y a un certain nombre de sujets importants sur lesquels on est d'accord", avait-il assuré un peu auparavant au média financier français BFM Business.
La publication d'un communiqué par la présidence du G7 n'était pas garantie en raison des tensions au sein de ce groupe (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni), notamment avec l'allié américain qui a décrété des surtaxes douanières.
- "Renforcer la pression" -
Roland Lescure doit tenir une conférence de presse, au côté du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à partir de 13H30 pour en rendre compte.
Parmi les sujets discutés, le ministre a évoqué la guerre au Moyen-Orient, les déséquilibres macroéconomiques mondiaux, la diversification des approvisionnements en minerais critiques et l'aide aux plus vulnérables.
Avec un pétrole bien au-dessus de 100 dollars le baril, des craintes d'inflation ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des titres de dette d'Etat, entraînant à la hausse les taux d'intérêt des dettes souveraines, un sujet d'inquiétude.
Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, avait évoqué à son arrivée à Bercy "une très bonne journée" de discussion lundi, premier jour de la réunion.
"Le G7 est uni pour demander la réouverture" du détroit d'Ormuz bloqué par l'Iran, d'importance stratégique pour l'acheminement des hydrocarbures et engrais dont les cours se sont envolés, "et la fin des hostilités", avait-il ajouté.
Le commissaire européen à l'Economie Valdis Dombrovskis a toutefois accueilli fraîchement la décision annoncée lundi par Washington de continuer à suspendre temporairement les sanctions pesant sur le pétrole russe stocké en mer.
"Du point de vue de l’UE, nous ne pensons pas que ce soit le moment d'alléger la pression sur la Russie", a-t-il déclaré à la presse en arrivant à Bercy mardi matin.
"En fait, a-t-il ajouté, c’est la Russie qui profite de la guerre en Iran et de la hausse des prix des combustibles fossiles. En conséquence, s’il y a un changement à apporter, ce serait plutôt de renforcer la pression."
- "Flux financiers illicites" -
Le ministre canadien a par ailleurs fait part de "discussions importantes sur les minéraux critiques" et la sécurisation de leur approvisionnement.
Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.
Pour le deuxième jour du sommet, les échanges sont élargis à d'autres pays invités: Brésil, Inde, Corée du Sud et Kenya le matin, puis trois pays du Golfe (Emirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite) à l'heure du déjeuner.
A l'issue du G7, une grande conférence "No Money for Terror", dédiée à la lutte contre le financement du terrorisme, réunira les délégations de 75 pays et sera conclue par le président français Emmanuel Macron.
"Cette convention vise à rappeler combien les ministres des Finances ont un rôle à jouer dans le traquage des flux financiers illicites qui financent le terrorisme, mais aussi le narcotrafic et le grand banditisme", a souligné Roland Lescure.
K. Petersen--BTZ