Israël bombarde le Liban après des tirs du Hezbollah
L'armée israélienne bombarde lundi le Liban en riposte à des tirs du mouvement chiite Hezbollah en direction d'Israël, au troisième jour de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Un journaliste de l'AFP à Beyrouth a entendu de fortes explosions dans la nuit, au moment où l'armée israélienne annonçait frapper des cibles du Hezbollah "à travers le Liban".
Selon l'agence de presse officielle libanaise, des frappes ont visé la banlieue chiite sud de la capitale ainsi que le sud du pays, et les populations des zones touchées ont entamé un "déplacement massif" pour se mettre à l'abri.
Une porte-parole de l'armée israélienne a enjoint aux habitants d'une cinquantaine de localités à travers le Liban de quitter leurs maisons et de s'éloigner "d'au moins 1.000 mètres" de toute zone habitée, en prévision de bombardements.
L'armée israélienne a dit avoir visé plusieurs dirigeants du Hezbollah dans la région de Beyrouth, ainsi qu'un autre dans le sud du Liban.
Elle a affirmé agir "en réponse aux tirs de projectiles du Hezbollah" qui ont déclenché les sirènes d'alerte dans plusieurs zones d'Israël dans la nuit de dimanche à lundi.
Le mouvement libanais soutenu par Téhéran a confirmé avoir lancé une attaque sur Israël, la première depuis le déclenchement de l'offensive américano-israélienne de grande envergure contre l'Iran qui a coûté la vie au guide suprême iranien Ali Khamenei et à d'autres hauts-responsables.
Dans un communiqué, le Hezbollah a dit avoir lancé "une salve de missiles et un essaim de drones" dans la nuit "en représailles au sang pur (...) d'Ali Al-Husseini Khamenei (...) et pour défendre le Liban et son peuple, ainsi qu'en réaction aux attaques répétées d'Israël".
L'armée israélienne, de son côté, a dit avoir intercepté l'un des projectiles, tandis que d'autres sont tombés "dans des zones dégagées" sans faire ni victime ni dégât. "L'organisation terroriste Hezbollah agit pour le compte du régime iranien", a-t-elle affirmé.
Outre le changement de pouvoir en Iran, Etats-Unis et Israël veulent anéantir avec leur offensive contre Téhéran "l'axe de la résistance" de l'Iran qui s'appuie sur des forces alliées dans la région qu'il arme et qu'il finance: les groupes islamistes Hezbollah au Liban et Hamas à Gaza, les rebelles Houthis au Yémen et les milices en Irak.
- Beyrouth condamne -
La formation libanaise est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël dans laquelle elle s'est engagée unilatéralement en octobre 2023 pour soutenir le Hamas palestinien, son allié.
Israël continue de la viser malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer. Samedi, peu avant le déclenchement de l'offensive contre l'Iran, Israël avait bombardé ce que son armée avait appelé des infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban.
"Le Hezbollah a lancé une campagne contre Israël pendant la nuit et est entièrement responsable de toute escalade", a déclaré sur Telegram le chef d'état-major israélien, le général Eyal Zamir. "Tout ennemi qui menace notre sécurité en paiera le prix fort".
Les tirs en direction d'Israël ont été condamnés par le Premier ministre libanais Nawaf Salam comme constituant "un acte irresponsable et suspect qui met en danger la sécurité du Liban et donne à Israël des excuses pour continuer ses attaques".
En Iran, les Gardiens de la Révolution ont affirmé sur Telegram que le Hezbollah, mouvement chiite soutenu par Téhéran, avait "attaqué Haïfa (port du nord d'Israël, NDLR) avec six missiles".
"Le Yémen entrera aussi dans la bataille dans quelques heures", ont ajouté les Gardiens, en référence à leurs alliés houthis yéménites, qui tirent régulièrement des missiles en direction d'Israël.
Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin 2025, le Hezbollah n'était pas intervenu.
Une conférence internationale était prévue cette semaine à Paris en soutien aux forces armées et aux forces de sécurité intérieure libanaises, dont la mission est de désarmer le Hezbollah après l'engagement pris en ce sens par Beyrouth l'an dernier.
Le président libanais Joseph Aoun et son homologue français Emmanuel Macron ont annoncé dimanche le report de la rencontre.
B. Semjonow--BTZ