Lutte contre les agressions sexuelles dans les transports: des chiffres "pas satisfaisants", juge le PDG de la RATP
Les statistiques sur les agressions sexuelles dans les transports en Ile-de-France "ne sont pas du tout satisfaisantes", a estimé mardi le nouveau PDG de la RATP, Xavier Piechaczyk, qui souhaite que la "moitié de l'humanité" n'ait "plus d'appréhension à prendre les transports publics".
"Beaucoup trop de femmes ont peur de prendre des transports le soir, la nuit", a déploré M. Piechaczyk auprès de l'AFP, à la station de RER Val de Fontenay, dans le Val-de-Marne.
Après avoir pris ses fonctions le 5 février, sa première sortie médiatique a été consacrée à une "marche exploratoire" avec une douzaine d'utilisatrices du RER, ainsi que le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet et la présidente d'Ile-de-France Mobilités Valérie Pécresse.
Leur but: déterminer les améliorations à apporter aux abords de la gare, sur les quais, dans les escaliers ou les couloirs, pour que les femmes seules se sentent plus en sécurité dans les réseaux de transport en commun.
"Des couloirs qui ne sont pas suffisamment éclairés, des couloirs qui n'ont l'air pas suffisamment propres, un manque de visibilité, des recoins dans lesquels un agresseur potentiel pourrait se cacher", "c'est un travail de fourmi, c'est station après station, c'est rame après rame, il faut lever tout ce que l'on peut lever pour essayer de faire baisser ce taux d'agression dans l'agglomération parisienne qui honnêtement n'est pas satisfaisant", a-t-il déclaré M. Piechaczyk.
"Il y a encore des lieux d'insécurité ou des sentiments d'insécurité. Il faut qu'on progresse là-dessus", a-t-il admis.
Selon une étude ENOV réalisée en juin 2022 pour la RATP via un questionnaire en ligne auprès de 2.010 personnes en Ile-de-France, sept femmes sur 10 ont déjà été victimes de violence sexiste ou sexuelle dans les transports franciliens au cours de leur vie.
Cette proportion est plus élevée chez les victimes plus jeunes: 80% des femmes de 15 à 18 ans et 90% des femmes de 19 à 25 ans ont déclaré avoir été victimes dans la même enquête.
M. Piechaczyk s'est notamment déclaré favorable à la possibilité de "porter plainte en ligne" pour réduire ce "fléau" des violences sexistes et sexuelles.
"Ce n'est quand même pas normal que la moitié de l'humanité ait des appréhensions à prendre les transports publics", a-t-il dit. "Si on veut que les hommes et les femmes de ce pays prennent plus les transports publics demain qu'aujourd'hui, il faut qu'à l'intérieur de nos enceintes, on leur assure de la sécurité et de la protection", a-t-il expliqué.
B. Semjonow--BTZ