Cuba: un collectif dissident dénonce des violences contre un opposant
Un collectif d'opposition à Cuba a dénoncé dimanche la brève détention de son président, le dissident Manuel Cuesta Morua, et les "mauvais traitements" et "menaces de mort" à son encontre.
Contacté par l'AFP, Manuel Cuesta Morua a indiqué dimanche être rentré chez lui après plusieurs heures de détention samedi. "C'est la première fois depuis de très nombreuses années (...) que mon arrestation s'accompagne d'une violence importante", a-t-il déclaré par messagerie.
Selon lui, ces violences signifient que les autorités sont inquiètes des tensions sociales liées à la grave situation économique que traverse Cuba.
L'île de 9,6 millions d'habitants est secouée depuis plusieurs années par une profonde crise économique, aggravée ces cinq derniers mois par un blocus pétrolier et une batterie de sanctions imposés par Washington.
Dans un communiqué, le Conseil pour la transition démocratique à Cuba (CTDC), une plateforme d'opposition qui promet des changements sur l'île, a dénoncé la "détention arbitraire" de son président.
Selon le CTDC, l'opposant a été arrêté en se rendant à une convocation de la police. "Loin d'être transféré vers un établissement pénitentiaire ou un centre de détention officiel, il a été conduit dans une zone déserte de la province d'Artemisa", à plusieurs dizaines de kilomètres de La Havane.
Les "agressions physiques et les menaces de mort se sont poursuivies" de la part d'agents de la Sécurité de l'Etat, la police politique, selon la même source.
Selon le collectif, il a été reproché au dissident d'"encourager les citoyens à manifester le 11 juillet prochain", pour le cinquième anniversaire des manifestations antigouvernementales historiques qui avaient secoué l'île le 11 juillet 2021.
Ces manifestations, les plus importantes depuis l’avènement de la révolution castriste en 1959, avaient fait un mort, des dizaines de blessés et conduit à un millier d'arrestations. Des dizaines de manifestants, condamnés parfois jusqu'à 25 ans de réclusion, sont toujours emprisonnés, malgré plusieurs vagues de remises en liberté organisées par les autorités.
Le manque de carburant a aggravé la crise énergétique et les habitants n'ont que quelques heures de courant par jour, parfois pas du tout pendant plusieurs journées d'affilée, tant à La Havane qu'en province.
Pour manifester leur mécontentement, ils ont pris l'habitude de taper sur des casseroles et de mettre le feu aux monceaux d'ordures qui s'accumulent dans les rues.
Jeudi, La Havane a adopté un paquet de mesures sans précédent en faveur de l'économie de marché pour tenter de faire face à la crise.
B. Semjonow--BTZ