Visite d'un ministre américain au Venezuela, annonciatrice d'une coopération "illimitée"
Possibilités de coopération "illimitées", compagnies minières américaines dans les starting-blocks: la présidente par intérim Delcy Rodriguez a accueilli à bras ouverts mercredi le ministre de l'Intérieur américain Doug Burgum, connu pour sa proximité avec l'industrie pétrolière et gazière, deux mois après la capture du président Nicolas Maduro par l'armée américaine.
Sous pression des Etats-Unis, Mme Rodriguez, qui a déjà accueilli plusieurs officiels américains, a opéré une réforme de la loi sur les hydrocarbures ouvrant le secteur au privé, promulgué une amnistie devant permettre la libération de tous les prisonniers politiques, promis une réforme judiciaire. Mercredi, elle a réitéré sa promesse d'une réforme du code minier.
En parallèle, le gouvernement américain a autorisé mercredi la compagnie aérienne American Airlines à établir des liaisons aériennes avec le Venezuela via l'une de ses filiales, Envoy Airlines, selon des documents du ministère des Transports que l'AFP a pu consulter. Les liaisons aériennes entre les Etats-Unis et le Venezuela sont interrompues depuis 2019 et la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.
A Caracas, M. Burgum, également président du Conseil national énergétique des Etats-Unis, a estimé "les possibilités de collaboration et de synergie entre les deux pays (...) illimitées".
- Arc minier -
"Nous avons plus de deux douzaines d'entreprises américaines avec nous aujourd'hui, parmi les plus grandes, les plus solides et les meilleures sociétés minières au monde (....). Elles sont impatientes de se mettre au travail", a-t-il poursuivi.
Il doit visiter des sites miniers jeudi avant de repartir aux Etats-Unis.
Washington a imposé des sanctions sur le secteur pétrolier et aurifère du pays après la réélection de M. Maduro en 2018 lors d'un scrutin boycotté par l'opposition.
Depuis la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump a pris le contrôle du secteur pétrolier et soulagé quelque peu les sanctions visant Caracas. La visite de M. Burgum intervient deux semaines après celle du ministre de l'Energie Chris Wright qui avait lui visité des sites pétroliers, juste après la réforme de la loi sur les hydrocarbures.
Le Venezuela est un pays riche en minerais comme l'or, le diamant, la bauxite et le coltan.
L'activité est concentrée sur un territoire de 112.000 km carrés baptisé Arc minier.
Les écologistes dénoncent l'expansion de l'extraction minière illégale et les ravages qu'elle produit avec la pollution des cours d'eau et la déforestation.
L'exploitation minière a en outre fait l'objet de critiques en raison de l'opacité qui l'entoure. Des ONG dénoncent des problèmes de corruption et la présence de gangs.
L'ONG SOS Orinoco a alerté sur une réduction de 945.000 hectares de forêt depuis l'an 2000, d'après l'analyse d'images satellitaires.
La visite de M. Burgum coïncide également avec l'annonce, mardi, par la compagnie publique Petroleos de Venezuela (PDVSA), de la signature de nouveaux contrats de fourniture de pétrole et de dérivés pour le marché américain. Elle n'en a pas précisé le montant, mais a déjà envoyé aux Etats-Unis plus de 80 millions de barils de brut vénézuélien, selon Donald Trump.
Ce nouvel approvisionnement s'inscrit dans un contexte de craintes d'une possible diminution de la production mondiale en raison de la guerre au Moyen-Orient, qui a déjà poussé les prix du pétrole à leur plus haut niveau de ces dix-huit derniers mois.
A. Madsen--BTZ