Venezuela: la présidente par intérim affirme que les Etats-Unis débloquent des fonds visés par des sanctions
Les Etats-Unis ont commencé à débloquer des fonds vénézuéliens jusqu'ici gelés par des sanctions, a affirmé mardi la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, signal supplémentaire d'un rapprochement entre Caracas et Washington.
Le président américain Donald Trump a imposé en 2019, durant son premier mandat, une batterie de sanctions contre le Venezuela alors dirigé par Nicolas Maduro, dont un embargo pétrolier, en réaction à une première réélection contestée du président socialiste.
M. Maduro avait estimé en 2022 que les fonds bloqués par les sanctions internationales s'élevaient à environ 30 milliards de dollars.
"Nous sommes en train de débloquer des ressources du Venezuela, qui appartiennent au peuple vénézuélien", a assuré Mme Rodriguez lors d'une allocution à la télévision d'Etat mardi.
"Cela nous permettra d'investir des ressources importantes dans l'équipement des hôpitaux, du matériel que nous achetons aux Etats-Unis et dans d'autres pays", a-t-elle ajouté, sans préciser le montant des fonds débloqués.
Mme Rodriguez a été investie cheffe de l'Etat par intérim le 5 janvier, deux jours après la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis lors d'une opération militaire spectaculaire à Caracas.
Elle a depuis offert des gages de coopération à Washington.
"Je réaffirme ce qu'a dit le président Donald Trump: nous avons établi des canaux de communication respectueux et courtois, tant avec le président des Etats-Unis qu'avec le secrétaire (d'Etat Marco) Rubio, avec qui nous mettons en place un agenda de travail", a indiqué la présidente intérimaire.
Sous pression américaine, Mme Rodriguez a depuis le début du mois signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis, engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures, libéré des prisonniers politiques et appelé à trouver des accords avec l'opposition.
- Mises en garde -
La semaine dernière, les Etats-Unis ont nommé Laura F. Dogu, ancienne ambassadrice au Nicaragua, nouvelle chargée d'affaires pour le Venezuela. Une décision perçue comme un réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays, rompus en 2019.
Dimanche, Mme Rodriguez a toutefois exhorté les Etats-Unis à se tenir à l'écart de la politique du Venezuela, dont Trump a dit vouloir "dicter" les décisions.
Car si Washington s'est rapidement accommodé de cette présidente par intérim, la pression américaine ne faiblit pas.
Selon le texte d'un discours distribué à l'avance, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio doit avertir mercredi que les Etats-Unis pourraient de nouveau avoir "recours à la force" si le Venezuela ne coopère pas de façon jugée satisfaisante.
Mme Rodriguez "est bien consciente du sort réservé à Maduro". "Nous pensons que son intérêt personnel correspond à la réalisation de nos principaux objectifs", doit encore dire M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.
La Constitution vénézuélienne prévoit de nouvelles élections si le siège du président est déclaré vacant avant la mi-mandat. Nicolas Maduro a prêté serment en janvier 2025.
Son fils, le député Nicolas Maduro Guerra, dit "Nicolasito ("petit Nicolas"), a affirmé mardi à l'AFP qu'il n'existait aucune disposition légale prévoyant de nouvelles élections en cas d'"enlèvement", comme il qualifie le sort de son père.
"Il n'y a aucun délai qui court", a-t-il assuré, et "des élections ne sont pas envisagées".
Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores sont incarcérés dans une prison fédérale à New York, accusés de narcotrafic.
S. Sokolow--BTZ