Air France-KLM compense presque la hausse des prix du carburant avec sa croissance
Le groupe de transport aérien Air France-KLM a annoncé jeudi avoir presque réussi à compenser la hausse des prix du carburant, au deuxième trimestre, par celle de son activité et du prix des billets.
Air France, sa compagnie sœur néerlandaise KLM et la compagnie à bas coût Transavia ont souffert des répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
"C'était un trimestre dur", a souligné le directeur financier Steven Zaat, lors d'une conférence téléphonique.
La facture en carburant s'est alourdie de plus de 800 millions d'euros sur le trimestre par rapport à la même période de 2025. En 2026, elle devrait s'élever à 8,9 milliards de dollars, contre 6,9 milliards en 2025.
Le bénéfice net a chuté de 71% à 190 millions d'euros au deuxième trimestre. Mais le groupe a souligné dans un communiqué que l'augmentation des recettes par passager avait compensé "environ 85% de la hausse du prix du carburant".
Il a légèrement ajusté la prévision de croissance de ses capacités en 2026, qui doit être comprise entre 2 et 3% (contre 2 à 4% précédemment).
La croissance moindre des capacités que prévoit le groupe doit se traduire par une baisse des fréquences vers la fin d'année, notamment sur des liaisons à forte concurrence en Europe.
"Je sais que nous avons réduit nos capacités à Düsseldorf et à Londres, donc c'est ce genre de ville" qui sera concerné, a expliqué le directeur financier Steven Zaat, en présentant les résultats à la presse mercredi soir.
Sur le premier semestre, Air France-KLM accuse une perte nette, comme cela avait déjà été le cas en 2021, 2022 ou 2024. Elle est cette fois de 61 millions d'euros, contre un bénéfice net de 401 millions d'euros en 2025.
La recette unitaire, à taux de change constant, a augmenté de 8,7% au deuxième trimestre. À la hausse des prix des billets pour les voyageurs s'ajoute celle de la demande de transport de marchandises.
- Enjeux des plateformes aéroportuaires -
Le directeur général Benjamin Smith, cité dans un communiqué, a salué "une solide performance commerciale, portée par une demande toujours soutenue pour les voyages dans les classes Premium, notamment de et vers l'Asie et l'Amérique du Nord".
Ces résultats valident la stratégie d'une montée en gamme pour les deux compagnies phares. Comme de nombreux concurrents, Air France-KLM veut inciter ses clients, notamment sur le long-courrier où les marges sont plus élevées, à payer plus cher pour davantage de confort.
Le groupe est à la veille d'une acquisition qui devrait lui faire changer de nom. Il s'apprête, une fois obtenues les autorisations réglementaires, soit d'ici à la fin de l'année, à intégrer la scandinave SAS.
Sa part dans cette compagnie doit passer de 19,9% à 60,5%. Elle permettra d'ajouter à son portefeuille une troisième grande plateforme de correspondance aéroportuaire, Copenhague, en plus de Paris-Charles de Gaulle et d'Amsterdam-Schiphol.
Air France-KLM ambitionne également d'acquérir jusqu'à 49,9% de TAP Air Portugal, en cours de privatisation. Il a présenté mercredi une offre contraignante en ce sens, en même temps que son rival, l'allemande Lufthansa.
La plateforme de correspondance de Lisbonne, vers le Brésil et le reste de l'Amérique latine, est un enjeu important.
M. Smith, interrogé sur l'avantage de son offre par rapport à son concurrent, a fait valoir l'expérience d'Air France-KLM en matière de "décentralisation de la direction" entre Paris et Amsterdam, qui garantirait une autonomie à la compagnie portugaise.
Interrogé par la presse sur un éventuel intérêt pour la britannique EasyJet, a répondu: "Nous poussons déjà nos limites (...) Ce n'est pas quelque chose que nous examinons".
P. Rasmussen--BTZ