Berliner Tageszeitung - Euro-2022 de hand: les Bleues matées par le Monténégro et privées de médaille

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Euro-2022 de hand: les Bleues matées par le Monténégro et privées de médaille




Euro-2022 de hand: les Bleues matées par le Monténégro et privées de médaille
Euro-2022 de hand: les Bleues matées par le Monténégro et privées de médaille / Foto: © AFP

Les handballeuses françaises repartent de l'Euro-2022 "en manque de tout" dans le jeu et sans médaille après leur revers en prolongation face au Monténégro (27-25) dans un match pour la médaille de bronze sous haute tension dimanche à Ljubljana.

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Moins de 48 heures après leur élimination sèche en demi-finale contre la Norvège (28-20), les Bleues n'ont pas trouvé les ressources pour rebondir et reviennent bredouilles d'un tournoi international pour la deuxième fois seulement depuis le retour d'Olivier Krumbholz à leur tête en 2016.

"On a manqué de tout pour un match de troisième place, s'est désolée la cadre Grâce Zaadi (3 buts sur 9 tirs). Dès le début, on a commencé à perdre des ballons en contre-attaque, on a fait des choses qui ne nous ressemblent pas."

Très loin de la démonstration 27-19 du tour principal une semaine plus tôt face à ce même Monténégro, ce match a montré des championnes olympiques françaises fébriles face à une équipe ayant "de la malice et même du vice", dixit Olivier Krumbholz la semaine passée.

- "Leur manège a marché" -

"Tout leur manège a marché: rester au sol, tomber, a soufflé la capitaine Estelle Nze Minko (4 buts) remontée contre les arbitres. Soit c'est aux arbitres d'étudier leur jeu sachant que tout le monde sait que le Monténégro fait ça. Soit nous sommes trop bonnes, trop connes. Si ça peut faire la différence pour gagner une médaille, il faut se mettre à le faire dès demain."

Face aussi à des centaines de supporters hostiles les conspuant, les tricolores ont multiplié les pertes de balles et ont buté sur Batinovic habitée (11 arrêts, 37% de réussite), comme son équipe.

"C'était une association entre les arbitres et l'équipe du Monténégro ce match, s'est indigné Olivier Krumbholz. Ils ont joué à neuf en permanence."

Le penalty manqué par Grâce Zaadi pour revenir à une longueur (26-24, 69e) a scellé la rencontre. Mais c'est à la demi-centre que les Bleues devaient leur survie en prolongation (23-23) puisqu'elle avait égalisé d'un tir à 7 m sur le buzzer sous un déluge de décibels.

Comme l'ensemble de l'équipe, les deux meilleures Bleues depuis le début de la compétition, le pivot Pauletta Foppa (1 but) et la gardienne Cléopâtre Darleux (10 arrêts, 29%), ont peiné.

Au-delà de l'atmosphère irrespirable, à l'image de la trentaine de policiers de maintien de l'ordre déployés devant la section de tribune monténégrine en fin de match, les tricolores ont pâti de leur état d'esprit en décalage avec celui des Monténégrines.

- "On n'avance pas" -

Les Bleues, sorties en demie, sont habituées à des standards plus élevés alors que les Monténégrines étaient en position de décrocher une première médaille internationale depuis dix ans. Elles étaient déjà contentes de s'inviter dans le dernier carré comme l'a livré Jovanka Radicevic à Béatrice Edwige lors du voyage de Skopje à Ljubljana.

Sur le vinyle de la Stozice, elles ont fait face à une sélection habitée pour le tout dernier match sous le maillot à l'aigle bicéphale de cette même Jovanka Radicevic. Icône dans la petite république des Balkans (620.000 habitants), l'ailière gauche de 36 ans a fait partie de l'équipe championne olympique lors de la fastueuse année 2012 des Monténégrines, également vice-championnes d'Europe cette année-là.

A vingt mois des JO de Paris-2024, pour lesquelles elles sont qualifiées d'office, les Françaises championnes olympiques ont pu mesurer l'écart les séparant de la Norvège championne du monde, qui dispute la finale de l'Euro dimanche face au Danemark.

"Le constat que je fais, c'est qu'on n'avance pas", lâche Grâce Zaadi en référence à la finale du Mondial l'an passé où les Bleues s'étaient inclinées devant la "Norge" (29-22).

La prochaine et dernière échéance avant les Jeux, le Mondial-2023 dans un an au Danemark, en Suède et en Norvège, en dira long sur leur potentiel.

"Si on veut prétendre à faire quelque chose aux Jeux olympiques de Paris, il faut se bouger, appuie Grâce Zaadi. Sinon on peut dire +bye bye+ dès les quarts de finale."

"J'espère que la douleur qu'on aura dans les jours à venir et pour un certain temps nous servira au moins à être meilleures, affiche Estelle Nze Minko. Si ces moments sont durs, c'est pour qu'ils servent."

P. Hansen--BTZ